Université-Evry : Processus de restructuration interne
A la suite du rapport d’audit réalisé par les services de l’Etat, l’université d’Evry à engagé un vaste processus de restructuration interne et de valorisation des compétences de ses personnels pour accéder, dans des conditions optimales, aux RCE (Responsabilités et Compétences Elargies) en terme de gestion financière et de ressources humaines. Suite à l’engagement des équipes au sein des services et de la méthodologie d’accompagnement dont l’université a bénéficié de la part de l’Etat, le Conseil d’Administration de l’établissement vient de donner son feu vert politique pour que l’établissement puisse accéder au 1er janvier 2011 à ces responsabilités.
Les appréhensions exprimées par la communauté universitaire sur les dérives d’une loi (LRU) qui fait de la compétition entre les universités le levier de leur développement sont fondées. En l’état, la LRU présente un réel danger de marginalisation des universités pluridisciplinaires, implantées dans des territoires socialement fragiles. Ces établissements sont confrontés à une attente forte en terme de formations d’excellence liées à la recherche et moteurs d’une promotion sociale que la LRU ne prend pas en considération voire même qu’elle compromet.
Une fois « autonomes », les universités ne doivent pas être «abandonnées» et l’Etat doit s’engager résolument afin de structurer le paysage universitaire et de tisser un maillage cohérent de l’action publique accessible à tous.
La LRU s’inscrit en effet dans l’exigence générale de réforme de la gestion des établissements publics, dans un contexte de compétitivité des territoires qui fragilise de plus en plus l’égalité d’accès des usagers aux services publics. Comme les lois de décentralisation au niveau des collectivités locales, son principe fondateur est de donner plus d’autonomie de décisions et donc de capacité d’actions aux établissements pour améliorer la performance des services attendus. Les lois de décentralisation impulsées par François Mitterrand en 1982 se sont accompagnées d’un vaste processus de restructuration des territoires et l’émergence des communautés d’agglomération a permis de ne laisser aucune commune sur le bord du chemin.
Parallèlement à leur autonomie, les universités doivent elles aussi apprendre à «faire plus ensemble que la somme de tout ce qu’elles peuvent faire séparément». Sans ce volet de «solidarité universitaire», la LRU ne
serait qu’une loi libérale dont les générations futures paieraient le prix.


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