Gabriel Amard : Une rentrée combative

Alors que dans le 21 septembre, nous célèbrerons l’avènement de la Ière République, je ne peux rédiger cette lettre d’information de la communauté d’agglomération sans avoir un pincement au coeur. Vous voudrez bien m’excuser de cette personnalisation – une fois n’est pas coutume -, mais l’heure est suffisamment grave pour que je m’y attache.

L’été, qui aurait dû être un moment de repos et de détente pour l’ensemble des habitants de notre pays, a vu, au contraire, l’exacerbation de sentiments totalement étrangers à notre République. Le Gouvernement et la majorité parlementaire de droite, dont j’ai eu l’occasion de souligner combien leur politique vise à dresser les habitants de notre pays les uns contre les autres, a passé, dans ce domaine, un nouveau cap.

Je veux parler de sa politique en direction des Roms. Sachez, en premier lieu, que MM. Sarkozy et Fillon, dans leurs rôles respectifs, ont obtenu en 2007 que les Roms n’aient accès ni à l’emploi ni aux prestations sociales, les mettant ainsi au ban de la société. Cette décision est d’autant plus lourde de sens qu’elle empêche les Roms de disposer de moyens légaux pour vivre dignement. Aujourd’hui, cette population fragilisée fait l’objet d’une chasse en règle, totalement contraire à la devise de la République : «Liberté, égalité, fraternité».

Je le dis avec gravité, les mesures prônées par le gouvernement à l’encontre des Roms n’auront jamais le droit de cité dans le périmètre de la Communauté d’agglomération. Quitte à nous placer en situation de désobéissance civique. Je m’en tiens pour cela à la Constitution de 1793 qui proclame, dans son article 35 : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs».

Dans d’autres endroits, j’ai déjà été le porte-parole de l’impérieuse «insurrection citoyenne», qui se traduit par les manifestations, le refus des lois iniques et, au final, le vote. Aussi, vous ne serez pas surpris que, avec mes collègues membres de la majorité au sein du conseil de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, j’appelle solennellement à participer aux manifestations du samedi 4 septembre «contre la xénophobie d’Etat» que met en oeuvre la droite au pouvoir. Mais aussi à la manifestation et à la grève du 7 septembre, contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Là encore, c’est une vision républicaine, donc solidaire, qui guide notre réflexion. Qu’il nous soit permis de dire que la réforme présentée par MM. Woerth, Fillon et Sarkozy ne sauvera pas le régime de retraite par répartition. Ce n’est pas son but. Au vu de la réalité de l’emploi en France aujourd’hui, l’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge légal de la retraite n’ont qu’un but : nous forcer à recourir à la retraite égoïste par capitalisation. ! En cela, il s’agit de répondre au cahier des charges libéral mis en oeuvre à marche forcée par l’Union européenne.

Cet allongement aura aussi pour conséquence direct d’augmenter le nombre de chômeurs et donc la dépense en indemnisation. Quand on nous présente l’allongement de la durée de cotisation comme devant rapporter 5 milliards d’euros, ce seront 8 milliards que nous devrons dépenser pour les allocations retour à l’emploi pour les chômeurs ainsi créés. Ce que l’on prétend gagner d’un côté on le perd de l’autre. Sous ses auspices, et souhaitant nous retrouver ensemble et nombreux les 4 et 7 septembre, je vous souhaite une rentrée combative.

Gabriel Amard dans la newsletter « Les lacs de l’Essonne »
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