Cités : il y a aussi de la joie à grand vaux
Non, la vie dans les cités n’est pas faite que de vols, feux de voitures, affrontements avec les forces de l’ordre… Mais les trains à l’heure n’intéressent personne. Zoom sur la Cité de Grand-Vaux, à Savigny-sur-Orge (91), où la solidarité des habitants contraste avec le faux climat de peur que met pourtant en avant certains médias, surtout depuis le feu de scooter en début de mois.
Plus de deux semaines après un feu de scooter qui a failli tourner à la catastrophe, la Cité de Grand-Vaux, à Savigny-sur-Orge (Essonne), a repris son train de vie quotidien. Feux de poubelles et de voitures ? Non. La presse n’évoque l’existence de la Cité que dans la rubrique des faits divers, car elle ne parle jamais des trains à l’heure. Ce qui est normal. Des incidents, il y en a rarement. Mais comme dans chaque cité, deux feux par an suffisent à élever le quartier au rang de « zone sensible » dans l’opinion publique proche (selon les lois de proximité).
Dans le bus, des cadres et des étudiants en bac+5
Pourtant, si la Cité de Grand-Vaux est délaissée par les autorités – ce qui n’avait d’ailleurs pas manqué de provoquer une certaine gêne chez Valérie Pécresse lorsqu’elle lançait sa campagne pour les régionales en Essonne -, de nombreux cerveaux s’agitent pour améliorer son image, déformée par les médias. Prendre le bus le matin est, par exemple, une expérience intéressante. De nombreux employés et des jeunes lancés dans de longues études post-bac se bousculent pour aller au travail. De nombreux diplômés, eux, en cherchent un. Une réalité loin des clichés que véhicule la presse (surtout régionale), selon les personnes au cœur de ce faux problème.
« Beaucoup d’initiatives ont été lancées, mais face aux faibles résultats, les services sont supprimés. Alors qu’il faut du temps, les habitants ont besoin de continuité, de stabilité », argumente un habitant de la Cité. De son côté, Guillaume Denis (*), président de l’association « Un Autre Enseignement », se désespère des « journalistes qui ne viennent que lorsque ça brûle, déformant ainsi la réalité. En plus de ruiner notre travail ».
Sans aide, « Un Autre Enseignement » survit
Leur travail? Montrer qu’à Grand-Vaux, la vie est comme ailleurs, même si le sentiment d’abandon pousse parfois quelques jeunes à crier illégalement leur révolte. Mais le but premier de l’association, qui ne bénéficie d’aucune aide financière, est d’aider bénévolement les enfants et adultes analphabètes sous la forme de cours à domicile. Un soutien scolaire assuré par une vingtaine d’étudiants en cycle supérieur qui se déplacent à Grand-Vaux. Et qui soulignent, pour les fréquenter souvent, la solidarité qui unit les habitants.
En pleine période électorale, ses membres se refusent cependant de parler politique. Comme toujours. « Nous formons une association apolitique, explique Guillaume. La seule chose que nous souhaitons, c’est que l’on parle des vrais problèmes, de logement et de chômage… Nous sommes simplement là pour permettre aux personnes analphabètes du quartier à avancer. Les jeunes s’investissent, mais tant que la Cité aura une image négative, personne ne voudra aider des dizaines de volontaires qui veulent eux-mêmes aider Grand-Vaux et ses habitants. Les feux dans les cages d’escaliers sont rares. Le quartier est, quoi qu’en dise Le Parisien, calme. » Mais à l’abandon.


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